Appel aux autorités nigériennes pour la libération immédiate de Moussa Tchangari et d’autres défenseurs des droits humains arrêtés arbitrairement à Niamey entre le 15 et le 17 mars 2020

L’Association italienne d’études juridiques sur l’immigration (ASGI) est choquée d’apprendre que Moussa Tchangari, secrétaire général de l’association nigérienne Alternative Espaces Citoyens (AEC), a été arrêté à l’issue d’une manifestation tenue à Niamey le 15 mars 2020 et est toujours détenu arbitrairement.

L’association nigérienne, impliquée depuis des années dans la promotion des droits civils et politiques dans le pays, est en réseau avec ASGI dans l’étude et la lutte contre les violations des droits humains des migrants au Niger. Dans le cadre des projets ASGI Sciabaca & Oruka, de nombreux membres de l’ASGI ont eu l’occasion de faire la connaissance de M. Tchangari lors de leur visite à Niamey en juin 2019.

Selon des informations reçues par l’Observatoire pour la protection des défenseurs des droits de l’homme, les affrontements qui ont éclaté le 15 mars à Niamey entre la police nigérienne et les manifestants, qui sont descendus dans la rue pour protester contre des épisodes de corruption dans l’achat de matériel militaire par le gouvernement nigérien, a entraîné la mort d’au moins trois personnes. Monsieur Tchangari aurait été arrêté quelques heures après la fin de la manifestation, tout comme d’autres militants tels que Halidou Moukaila, secrétaire général de l’Union nationale des agents contractuels et officiers de l’éducation de base (SYNACEB), membre de Tournons la Page Niger (TLP) et Réseau d’organisations pour la transparence et l’analyse budgétaire (ROTAB). Seyni Djibo Nouhou Arzika, président du Mouvement patriotique pour la citoyenneté, et Karim Tonko, trésorier du TLP et membre de l’Union des jeunes pour la protection de la démocratie et des droits de l’homme (UJPDDH), seraient étés également arrêtés mais relâchés après interrogatoire. Entre le 16 et le 17 mars 2020, la police aurait arrêté d’autres militants dont Maikoul Zodi, coordinateur nigérien de la campagne TLP, Moussa Moudy coordinateur régional du TLP à Niamey, Sani Chekaraou, président de la Traders Union, et Habibou Soumaila, responsable des communications pour la coordination régionale du TLP à Niamey.

En 2018, Moussa Tchangari et d’autres militants (dont Nouhou Arzika, Maikoul Zodi et Karim Tonko) avaient déjà été arrêtés et emprisonnés arbitrairement pour des périodes allant de trois à six mois pour organisation et participation à une manifestation interdite, complicité en violence, agression et destruction de biens, pour avoir participé et incité d’autres citoyens nigériens à participer à des manifestations pacifiques contre la loi de finances pour 2018.

ASGI se joint à l’appel de l’Observatoire pour la protection des défenseurs des droits de l’homme, qui condamne fermement cette nouvelle vague d’arrestations arbitraires au Niger et invite les autorités nigériennes à la libération immédiate de Moussa Tchangari, Halidou Moukaila, Maikoul Zodi, Moussa Moudy, Sani Chekaraou et Habibou Soumaila. L’ASGI exhorte également les autorités nigériennes à respecter tous les droits garantis par les instruments internationaux et régionaux des droits de l’homme ratifiés par le Niger, et notamment la liberté d’association, de manifestation pacifique et la liberté d’expression, et à s’abstenir de mettre en place toute forme d’intimidation contre les défenseurs des droits de l’homme et des libertés civiles dans le pays.